Sorties et Voyages

Interview de Michel Quint par les 4èmes B et D au collège Michelet de Lens

Par LAURENCE CAPLAIN, publié le mardi 30 mai 2017 17:19 - Mis à jour le mardi 30 mai 2017 17:19

Deux classes de quatrième du collège Michelet ont eu la chance lundi 29 mai 2017 de rencontrer Michel Quint, auteur d’ Une vie toute neuve, nouvelle lue en classe. Michel Quint place la ville au cœur de sa nouvelle et  devient un lieu de réussite, le lieu de tous les possibles : elle offre des opportunités professionnelles, sociales, amoureuses ou intellectuelles. Le personnage d’Aurélie Conte vient à Lens avec ses parents pour changer de vie et réussir sa vie professionnelle, pour démarrer « une vie toute neuve » ». L’auteur  évoque avec fierté le passé du bassin minier et se tourne vers l’avenir en nous laissant entrevoir la profonde mutation urbaine. …

Ce dernier s’est prêté de bonne grâce au jeu des questions-réponses de nos élèves et a expliqué aux collégiens comment il travaillait.

Est-ce que vous vous inspirez de personnes réelles pour créer vos personnages ?

En général, j’imagine totalement mes personnages et leur histoire.  Mais quand j’écris un livre sur un personnage historique, je me documente sur sa vie et le contexte.

 

 

 Combien de livres avez-vous écrits ? Avez-vous exercé un autre métier ? Avez-vous fait une formation pour apprendre à écrire ?

J’ai écrit 45  romans, scenarii, nouvelles et pièces de théâtre.

J’ai fait des études de lettres classiques puis j’ai enseigné, on ne vit pas tout de suite du métier d’écrivain. J’ai aussi fait du théâtre en semi-professionnel. Je n’ai  jamais participé à des ateliers pour apprendre à rédiger car on n’apprend pas à écrire, c’est la lecture qui nous apprend à écrire. Il faut beaucoup travailler, écrire sans relâche. J’ai commencé à écrire dès la 6ème, quand j’étais petit, je lisais beaucoup, il n’y avait pas la télévision chez moi.

 

Est-ce que votre femme vous aide ?

Oui, elle relit tous mes livres et me suggère des corrections.

 

 

Qu’est-ce qui déclenche l’écriture ?

Pour cette nouvelle, le bailleur social Maisons et Cités m’a demandé d’écrire une nouvelle sur l’habitat minier. J’ai accepté avec d’autant plus de plaisir que cela m’a permis d’évoquer des souvenirs d’enfance : chez mes grands-parents, il y avait des photos de La Napoule, par exemple, j’ai donc repris des éléments vécus. Je connais bien la région, je viens souvent au Louvre et à Bollaert, à l’occasion.

Sinon, la moindre chose peut me donner une idée de roman : une personne croisée dans la rue, un article de journal, une émission télévisée…  Être écrivain, ce n’est pas un métier, c’est un état, on l’est  en permanence, c’est une passion, un besoin, un moyen d’existence.

 

Combien de temps vous faut-il pour écrire un livre en général ? Et celui-ci en particulier ?

Une vie toute neuve m’a pris sept mois mais en général c’est beaucoup plus. En fait, le travail d’écriture se fait en deux temps. D’abord, je me documente, je fais des recherches, je me rends sur les lieux pour respirer le terrain, je réfléchis. Ensuite, je me lance dans l’écriture.

 

Est-ce que vous faites souvent illustrer vos livres ? Avez-vous choisi l’illustrateur ou votre maison d’édition vous l’a imposé ? Comment avez-vous travaillé avec lui ?

François Boucq est un vieil ami et dessinateur de talent. Cela fait longtemps que nous avions envie de travailler ensemble et l’occasion s’est présentée avec Une vie toute neuve. Je n’ai jamais choisi les illustrateurs de mes textes mais parfois, l’éditeur me laisse choisir l’illustration de la première de couverture.

 

Comment avez-vous choisi le titre de votre nouvelle ?

Le titre s’est imposé à moi car il s’agit de rénovation, trouver les moyens de vivre autrement dans nos cités minières.

 

Pourquoi avoir choisi le genre du journal intime ?

Ce genre permet au personnage de se confier, d’exprimer une sincérité, je préfère montrer un personnage en action, c’est un gage d’authenticité.

 

Pourquoi avoir nommé  un personnage Louise Szepaniak ?

Aujourd’hui, plus que jamais, je voulais rappeler que beaucoup de mineurs étaient d’origine étrangère et que notre région a prospéré grâce aux migrants.

 

Le livre est disponible au CDI !!! N’hésitez pas à l’emprunter !!!